Redirections vers des sites douteux, pages que vous n'avez jamais créées, alerte rouge dans le navigateur : vous soupçonnez que votre site WordPress a été piraté. Pas de panique, mais il faut agir vite et dans le bon ordre. Voici le guide d'urgence, de la vérification des symptômes jusqu'à la remise en ligne.
Comment savoir si votre site est piraté
Les signes les plus courants :
- vos visiteurs sont redirigés vers un autre site (publicité, casino, pharmacie) ;
- des pages, des liens ou des articles que vous n'avez pas créés apparaissent, parfois seulement pour Google ;
- votre navigateur ou Google affiche un avertissement « site dangereux » ;
- des comptes administrateurs inconnus sont apparus ;
- votre site est devenu très lent sans raison ;
- votre hébergeur vous prévient d'une activité suspecte ou suspend le site ;
- vous ne parvenez plus à vous connecter alors que votre mot de passe est correct.
Les sept étapes d'urgence
Suivez ces étapes dans l'ordre, sans en sauter :
- Limitez les dégâts. Mettez le site en maintenance pour protéger vos visiteurs, et prévenez votre hébergeur, qui peut avoir des informations utiles et des outils d'analyse.
- Sauvegardez l'état actuel, fichiers et base de données, même infectés. Cette copie servira à comprendre l'origine de l'attaque, pas à être remise en ligne.
- Changez vos accès. Mots de passe WordPress, hébergement, FTP et base de données. Faites-le depuis un ordinateur sain.
- Analysez le site avec un outil de détection de malwares pour repérer les fichiers modifiés ou ajoutés.
- Restaurez une sauvegarde saine si vous en avez une d'avant l'infection, ou nettoyez le site fichier par fichier.
- Corrigez la faille d'origine : mettez à jour le cœur, le thème et toutes les extensions, supprimez ce qui est inutile ou abandonné.
- Demandez un réexamen à Google si votre site est signalé comme dangereux, via la Search Console, une fois le site nettoyé.
Attention à la porte dérobée
Un nettoyage incomplet laisse souvent un fichier caché qui permet au pirate de revenir. Si vous ne restaurez pas une sauvegarde saine, vérifiez soigneusement les fichiers du cœur, des extensions, des thèmes et du dossier d'envois.
Ce qu'il ne faut pas faire
Dans l'urgence, quelques réflexes aggravent la situation :
- Ne supprimez pas tout au hasard : vous risquez de perdre des preuves, ou de casser le site sans retirer le malware.
- Ne réutilisez pas vos anciens mots de passe, ni sur d'autres services si vous y aviez le même.
- Ne restaurez pas une sauvegarde sans savoir de quand date l'infection : vous pourriez réinstaller le malware.
- N'ignorez pas l'alerte Google : elle fait fuir les visiteurs et nuit au référencement.
Après le nettoyage : s'assurer que le pirate ne revient pas
Une fois le site propre, vérifiez que l'attaque ne se reproduit pas :
- contrôlez la liste des utilisateurs administrateurs et supprimez ceux que vous ne reconnaissez pas ;
- renouvelez les clés de sécurité de wp-config.php ;
- installez une analyse régulière des fichiers et une surveillance du site ;
- mettez en place des sauvegardes externes quotidiennes ;
- surveillez le site pendant quelques semaines pour repérer une réinfection.
Quand faire appel à un professionnel
Si le site génère du chiffre d'affaires, si vous ne savez pas distinguer les fichiers légitimes des fichiers suspects, ou si l'infection revient après nettoyage, mieux vaut vous faire accompagner. Un nettoyage mal fait coûte souvent plus cher qu'une intervention professionnelle dès le départ.
Pour prévenir ce type d'incident, lisez notre guide complet pour sécuriser WordPress et mesurez votre niveau de risque avec notre quiz sécurité. Besoin d'aide ? Demandez un audit gratuit.